250ème anniversaire de la Déclaration d’indépendance des États-Unis : tribune de François-Henri Briard et Stéphane Bonichot

04 juillet 2026

La Déclaration d’indépendance des États-Unis d’Amérique, rédigée par Thomas Jefferson, a servi de matrice conceptuelle et philosophique à la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789. Dans leur tribune publiée dans La Nouvelle Revue Politique, les associés du Cabinet Briard, Bonichot & Associés, avocat au Conseil d’État et à la Cour de cassation, retracent l’histoire commune de ces deux grands textes fondateurs de la modernité occidentale.

Quand l’Amérique inventa les droits de l’homme

Rédigée en dix-sept jours par Thomas Jefferson et adoptée par le Congrès des treize colonies révoltées contre la Couronne britannique, la Déclaration d’Indépendance des États-Unis d’Amérique du 4 juillet 1776 est l’un des textes fondateurs de la modernité occidentale. Première traduction politique réussie des théories du droit naturel et du contrat social – forgées par John Locke et revisitées par les philosophes français des Lumières – elle est aussi la matrice conceptuelle de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789.

Son auteur principal, le très francophile Thomas Jefferson, n’a que 33 ans lorsqu’il est invité par le Congrès de Philadelphie à siéger aux côtés de John Adams, du grand Benjamin Franklin, de Roger Sherman et de Robert Livingston au sein d’un « comité des cinq » chargé de rédiger la première mouture de la Déclaration. C’est un jeune avocat féru de culture classique, grand lecteur, originaire de Virginie où il possède une riche plantation. Son profil de patricien sudiste et de « Renaissance man » équilibre celui d’Adams, nordiste du Massachussetts et chef de file des radicaux.  Tous deux mourront étonnamment le même jour, et de façon plus surprenante encore le jour des 50 ans de la Déclaration d’indépendance, le 4 juillet 1826.

Le texte de Jefferson est un réquisitoire implacable contre le roi de Grande-Bretagne, qui, par son despotisme, a rompu le contrat social et convaincu les colons de se libérer de leur devoir d’obéissance : « Le juste pouvoir émane du consentement des gouvernés ». La Déclaration de 1776 marque bien une révolution. Elle renverse la vieille théorie de l’obéissance des régimes absolutistes européens, pour une philosophie politique de la liberté et de la souveraineté populaire fondée sur les droits naturels, dont découlent les institutions humaines.

Le primat des droits inaliénables est affirmé avec solennité dans le passage le plus célèbre de la proclamation d’indépendance : « Nous tenons pour évidentes pour elles-mêmes les vérités suivantes : tous les hommes sont créés égaux ; ils sont doués par le Créateur de certains droits inaliénables ; parmi ces droits se trouvent la vie, la liberté et la recherche du bonheur ». Ici encore, Jefferson opère un glissement fondamental par rapport à la pensée lockienne, organisée autour de la trinité « la vie, la liberté et la propriété », en substituant à cette dernière notion la recherche du bonheur (the pursuit of happiness). Loin de tout hédonisme, ce concept renvoie dans l’esprit des Pères fondateurs à une haute exigence éthique. Le bonheur est la possibilité de mener une vie conforme à sa raison, à sa conscience et à la vertu civique. La formule scelle le basculement d’un ordre politique fondé sur les privilèges et la soumission à un ordre fondé sur l’autonomie morale et la responsabilité.

Irrigués par l’esprit des Pères fondateurs et des premiers Constituants, ils constituent une matière vivante, en permanence réinterprétée par les neuf juges de la Cour suprême et par les neuf membres du Conseil constitutionnel pour fixer de nouvelles limites et de nouveaux garde-fous à nos droits et libertés fondamentales.

Retrouvez la tribune en intégralité au lien suivant : https://nouvellerevuepolitique.fr/me-francois-henri-briard-et-me-stephane-bonichot-4-juillet-1776-quand-lamerique-inventa-les-droits-de-lhomme/

François-Henri Briard

François-Henri BRIARD

Stéphane Bonichot

Stéphane BONICHOT

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